Nous étions plus jeunes, il y a déjà trois ans, plus certainement, le livre s'est crée. Commencer simplement, comme tout début d'histoire. Le début de nous n'était pas si romantique : un hasard ; le destin peut être ? Je ne suis pas sûre d'y croire pourtant. Ce soir-là j'étais loin d'imaginer tout ce qui allait se produire en aval avec Toi. Un jeu, que nous avons mené pendant un bout de temps, huit mois si ma mémoire n'est pas défaillante. Ce n'était pas de simples points communs que nous partagions, c'était bien plus, mais ça nous ne le savions pas encore. J'était plongée dans un bain d'euphorie au vapeurs d'alcool, la première fois que tu faisais le trajet pour venir me voir; je me souviens de peu et pourtant, les battements de mon coeur à cet instant ne m'ont pas trahie. Je le savais et déjà je t'aimais. Les mois défilaient, en même temps que les chapitres de notre histoire. Les premiers rires, les premieres soirées, les premières larmes aussi. Je me souviens de tout; exactement tout. La chaleur au creu de tes bras sous les étoiles au bord de l'eau, les mots que tu me susuraient à l'oreille couchés par terre avec de simples couvertures, ta voix qui se mélait à la mienne pour parler de tout, de toi, de moi; toute une nuit jusqu'à apercevoir un tournesol par la fenêtre, les premiers flocons qui tombaient en février en même temps que tes lèvres qui embrassaient langoureusement les miennes. Les saisons passaient, nous étions encore là. L'été arrivait, les départs en vacances aussi; vînt la plus longue séparation depuis le premier chapitre. J'ai eu mal. Des vagues de sanglots et du sel dans la gorge. Je me suis rendue compte, à quel point désormais tu étais entré, encré en moi, à jamais. La peur d'abord : être si jeune dépendante de l'autre; je ne connaissais pas ce sentiment. Je l'ai adopté, je t'ai donné ma confiance, en même temps que tout le reste. Depuis, les mois courent toujours, les chapitres s'épaississent de plus en plus. Les soirées contre toi, les journées passées dans la cuisine, les larmes qui tombaient aussi, à cause de toi, de moi, finalement pour tellement peu. Et puis toutes ces nuits avec toi; l'amour de ton corps, les rires au matin, les promesses que nous nous faisons de jours en jours; et j'aime tellement ça. Combien de je t'aime, combien de fois tes lèvres ont pû toucher les miennes, combien de regards ? Impossible de savoir. Cela ne fais que dix-huit mois environs et pourtant le décompte ne peux déjà plus s'établir. Il nous reste encore tellement de pages à écrire, tellement d'amour à donner, tellement d'histoires à vivre ensemble. Tu le sais, ce sera toujours : ensemble. Je n'ai plus peur, je te dois énormément, un immense bout de ma confiance aujourd'hui entre autre. Je te connais par coeur, le moindre recoins de ton corps, la moindre tristesse dans tes yeux. Je serais toujours là, toujours près de ton coeur si tu en ressens le besoin, tu le sais aussi. Notre livre est beau, notre livre a cent mille pages, l'Amour qu'il contient est réel. Peu de nos semblables y croient, peu croient en notre histoire; je leur ris au nez. Je leur dis que je suis bien belle d'être malade, malade d'Amour. J'ai la vieillesse pour pleurer, j'ai la vieillesse pour détester, j'ai ma vieillesse pour regretter. Je suis jeune & je suis heureuse. Rien n'y fera. Je garderais la chance que tu m'as donné contre moi, autant que tu me laisseras en prendre soin. Le chemin que je veux suivre et celui que je suis, est avec toi.
Mon coeur entre tes mains & le tien entre les miennes.